22 juillet 2014

L'ATTRAPE-RÊVES

un poème de Michel Butor mis en musique pour le concours du printemps des poètes 2011 (perdu, indice à écouter ci-dessous)

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Dormir avec toi retrouver au moindre sursaut ton épaule entendre ta respiration mesure du temps qui me reste Reste encore un peu près de moi console-moi de ton absence toutes les saisons de ta vie teindront la roue de mes années Tant d'autres fantômes défilent dans les corridors du sommeil Encore te voir et t'entendre suivre tes conseils obéir à tes subtiles suggestions dans mes hésitations voraces Moi qui suis si sec et si raide cherchant à maintenir le masque sans lequel je m'effondrerais sans lequel je m'effondrerais Tant d'autres fantômes défilent dans les corridors du sommeil montant descendant sans répit les ascenseurs de la mémoire

14 juillet 2014

Comme une souche

photo : Clark Little


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son : François Roustang 

24 mai 2014

La Flamme



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On dit souvent que le cœur ne s'use
Que si l'on ne s'en sert pas
Et qu'il ne trouve aucunes excuses
Au vide laissé derrière soi

Qu'il faut le mettre au fond de sa poche
Dans un mouchoir, sous les crachats
Qu'il meure comme se sont tues les cloches
Qui chantaient pour nous deux je crois

Je t'écoutais me dire
Que tout ça, ce n'était pas un drame
Pourtant te voir partir
A fini d'éteindre la flamme

J'ai renoncé à mes soupirs
Mais depuis je n'existe pas
Et je ravale mes sourires
Cousus du fil de tes draps

Les histoires qui se répètent
Se finissent toutes sur une croix
Je voulais qu'enfin ça s'arrête
Que mon cœur se taise pour une fois

Et le temps marque de son fer
Tous les choix que l'on ne fait pas
Il rassemble en grains de poussières
Le reste de nous ici bas

Pourtant ce cœur que je déserte
Que je prive de tout ses droits
Dés qu'une fenêtre est ouverte
Il guette le son de ta voix


12 mai 2014

FARNIENTE




-> DJ Newbell à la flute
-> Concept/Accords : Christophe Labarthe
-> Illustration : fineartamerica.com/profiles/danielle-sandini
Thks guys ! ^^

J'aime autant qu'on le dise

Le moindre effort m'épuise

J'aime autant qu'on le sache

La muscu moi ça me fâche

Je confesse un grand manque d'intérêt
Pour tout ce qui vous fait bouger
Je m'étire et je baille

Quand je vous vois courir


Quand je vous vois courir

Quand je vous vois
Courir au travail
Quand je vous vois courir

Quand je vous vois 
Courir vaille que vaille

On dé, on dé,
On dé, on défaille
Les doigts de pied en éventail
On n'est, on n'est
On n'est pas si mal
Quand le Farniente s'installe

Ouvrir la bouche est un crime

À force d'aboyer on se mine
Prendre ses jambes à son coup
Ne vaut rien, ça nous rend fou
La seule chose qui m'inspire
Trouver un coin où on respire

Je sens que je dérange
Quand je quitte un instant ma chambre


J'ai aussi peu de projet
Que dans le crâne d'un nouveau né
Et comme lui me suffit
Pour me distraire de regarder en l'air
Voir les nuages guetter
Un souffle pour se dissiper
C'est la tâche solaire
De mes journées solitaires




06 mai 2014

Pirate d'appart'




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Maria tes voyages durent plus d'une année
Maria j'ai rêvé d'un jour t'accompagner
Maria tes voyages loin de nos eaux glacées
Maria je voulais les faire à tes côtés

Je n'aurais jamais dû mais qui peut m'en blâmer
À la tombé du jour, ma pension j'ai quitté
J'ai couru les pavés vers les caves où tu chantes
Je voulais respirer sous tes voiles puissantes

On disait que tes airs dissiperaient les brumes
Que tes lèvres portaient au sommet de la hune
Et des marais salants guériraient les blessures
Car mon cœur en ces temps se poissait de saumure

On me voyait le soir descendre jusqu'au port
Quelques heures à jouer au marin ivre mort
Bras dessus bras dessous, on ruinait les cantines
En hurlant trop content à l'abri de la bruine

Pour les déboussolés, tous les frères de fortune
Les marins assoiffés perdus sur le bitume
Tu promets des palmiers sur les mers de corail
J'ai signé, je me fous de gouter la ferraille

Je ne chercherais plus l'éclat du rayon vert
Ma coque a succombé sous les grains sans te plaire
Je n'ai rien du pirate si ce n'est la galère
Où je rame sans espoir de faire machine arrière

22 janvier 2013

Le slip était fourré


Ce texte est une réponse à la participation de DOM pour le blog amillemains.

Mme Faubnas, je me permets de vous écrire car j’occupe actuellement le poste de documentaliste stagiaire au sein de la section d’informatisation de la gestion des dossiers liés aux affaires classées. Mon attention a été éveillée lorsque j’ai numérisé la photo du cou de la victime. Je me suis permis, hors de mes heures de travail, de vérifier certaines hypothèse qui me semblaient troublantes.
- le simple frottement d’un coquillage imbibé de curare n’aurait pas suffit a tuer la victime.
- j’ai reconnu, par hasard, l’inconnu qui tient la hanche de la victime : c’est un scientifique qui a récemment publié une découverte sur le mode de fixation du gecko, M. Kellar Autumn, du Gecko Lab de l’université de Kiel.
Je vous passe les détails techniques que vous pourrez retrouver sur ce site :
http://sciencetonnante.wordpress.com/2012/12/10/comment-le-gecko-fait-il-pour-grimper-aux-murs/
Bref, tout porte à croire que les restes de curare trouvés dans le coquillage cauri (Cypraea moneta) provenaient en fait de l’étoffe de la veste de Laurence F. Étoffe dont le tissu possède la même particularité de finesse moléculaire que les spatulea du fameux gecko. Et c’est sans aucun doute le vrai vecteur du curare.
Mlle F. avait découvert que le labo du professeur Autumn, sous couvert d’innocentes recherche liées aux adhésifs, était en fait en relation étroite avec la section militaire de son gouvernement.
Et que faisait-elle dans cette galère ?
Vous n’avez pas pu passer à côté de tous ces indices. J’ai donc cru au début que vous étiez de mèche avec son réseau d’espionnage international et que vous aviez sabotés une deuxième fois l’enquête pour leur compte. Oui, les présomptions que Mlle F. soit une barbouze sont bien trop flagrantes. Mais maintenant, je m’inquiète pour votre santé. La fatigue que vous ressentez est un des premiers symptôme de l'empoisonnement.
C’est donc comme ça qu’ils vous tiennent : l’antidote contre votre silence.
Mais vous n’êtes plus seule. Je vais relayer l’information sur un maximum de blogs et réseau sociaux.
La seule option de nos ennemis seraient qu’ils fassent passer tout ceci pour de la fiction.
Mais le monde saura que l’industrie textile est manipulée par les forces réactionnaires voulant prendre le contrôle global sur nos vies !
Ils ne nous aurons pas !
Tiens …?
Mon slip me démange horriblement l’entre-jambes.
Serait-ce une de leurs…
Non !

14 janvier 2013

Tuiles, avanies et tutti quanti

photo de Sacrip’Anne pour le blog à 1000mains
   Je n'ai jamais voulu ce qui m'est arrivée. Ma vie me comble parfaitement. Mon travail de bureau est exactement celui dont je rêvais enfant. Mon mari, bien qu'il soit, d'après les souvenirs que j'ai de notre rencontre, légèrement moins glabre qu'avant, surtout le week-end, n'est pour moi qu'une source jaillissante de satisfaction. Alors, il ferait beau me dire où et quand on m’aurait vue prise en fragrant délit de défaut ?
Je n’ai pas honte de le dire. Ma devise est : pas de rigidité excessive mais pas de n’importe quoi non plus.
Malgré tout, oui, de temps en temps, je peux être amenée à picoler quelques verres en terrasse, quand la compagnie est agréable et le climat clément. Mais je garanti sur facture que je gère ma consommation avec toute l'attention nécessaire pour que jamais on ne me déclare pompette. Je ne suis pas de ces princesses en tenue de soirée qu'on découvrait à l'envie, vomissant derrière les radiateurs, lors de la moindre des festivités ponctuant ma vie estudiantine. Et je n'ai pas changée d'un iota. Je ne sais plus si je vous ai parlé de ma devise ?
- en toutes circonstances, droiture, maintient et correction sont les mamelles de... non, je veux dire...
Ah ! Je suis à bout, j'avoue.
Il est grand temps que je fasse le deuil de mes illusions. Que je me raconte, que je me vide. Je ne suis pas celle que vous croyez, si vous croyez que je suis celle que je prétends être. Ni celle-ci, ni celle-là, à fortiori.
Juste une femme lasse, qui fut lascive, certes, mais rarement, enfin, surtout, salement, une fois de trop... Oui, puisqu'il est l'heure de tout dire, soit, je fût, pas plus tard que tantôt, la cible d'une cohorte tout à fait mal intentionnée. L'horreur de la situation est d'ailleurs loin d'être consommée. Car ma misère, c'est à des proches que je la dois. Des gens à qui j'avais, inconsciemment, cruelle leçon, donnée toute ma confiance. Et je n'en suis pas revenue. On a beau dire qu'on ne nous y reprendra plus, en refaisant le déroulé du fil de ces dix dernières années, si on trouve le loisir, entre deux rendez-vous, et en omettant, sélectionnant avec jugeote et finesse, car dix ans à se retaper, au total, ça ferait largement dans les vingts, alors on voit bien la montagne d'indices annonciatrices du drame que l'on a négligés, des pièges où, stupidement, l'on retombe régulièrement.
J'aurais pu, j'aurais dû, il aurait fallut que je le susse, mais j'ai fait comme si tout était normal. Que celle qui maîtrisent parfaitement la ligne de démarcation entre le pragmatisme nécessaire à tout ambition légitime et cette maudite lâcheté industrieuse devant l'horreur de notre mortelle condition, me jette à la face le premier des trois petits cochons de lait, ou n'importe quoi d'autre de contondant.
Oui, d'accord, ce n'était pas Jean-Paul Charmant et j'ai pourtant accepté ses fleurs. Le premier des verrouillages de l'engrenage des évènements s'est alors doucement, subrepticement, oserais-je dire, mis en route. Et quand la machine est en route, bien maligne qui pourrait l'arrêter.
Et l'amour, tout ça, les enfants, les vacances dans le Sud.
Bien sûr qu'on les aime, ses enfants, qu'on les porte, leurs cadeaux trop mignons.
Et je me retrouve en costume traditionnel de je-sais-pas-où dont la couleur va me niquer les rétines et les coutures au gros fil de pêche de cette satanée espèce de toile de jute, elle va s'occuper de me ruiner ce qu'il me reste de tétons.
Avec, pour finir, je vous le donne Émile, un putain de collier de coquillage...
Merde !
Je l'ai pas vu venir celle-là.
Je suis fa-ti-guée.
Il reste du rosé ?
Verse !