Le rêve des autres,
Et, tout doucement, du mien
J'expulse pour y voir
Entre les ronds de fumée
Tente de m'y planter
Loin des trop pleins cramés
Au centre des fournaises
Dans un silence crépitant,
D’un seul élan,
Sous les lents, lents
Sous les lents soleils
Je répare les morsures de l'hiver
En remontant les aiguilles
Pour qu'elles cuisent tout autour
Tout le cuir de ses cuisses
Qu'elles fouillent, les mains, dans les chiffons
De nuit, c’est affaire de nuit
De gel, de demie solitude étonnée,
De toisons englouties
A moitié endormies.
Or, une fois, enfin, la course des trains tarie
Le tout retrouvé béant
On voit qu’il est vain de vouloir tout entier y plonger
À peine protégés du froid, de la peine, de demain
Sauvons ce qui peut l’être dans le fond,
Sans le mal au ventre
Ah, croire qu’il n’en est rien, que tout est nouveau
Que les sourires seront désormais verticaux
Que les jambes ne portent que des sexes
Que, de tes yeux, je n’ai plus qu’un parfum
Que ce n’est qu’à tes lèvres muettes
Que je rêve de parler de goutte à goutte
À l'abri du ciel, sous ton parapluie
De la braise de nos corps palpitants
Est-ce en vain ? Car rien ne nous apaise
L’envie me sussure, je l'écoute et je sus
Ce qu'elle sait, ce qu'elle dit, de l’usure
Au fond, je vois que,
Ce qu’on nomme,
On le vide
J’abrège...
26 juillet 2015
22 juillet 2014
L'ATTRAPE-RÊVES
un poème de Michel Butor mis en musique pour le concours du printemps des poètes 2011 (perdu, indice à écouter ci-dessous)
Dormir avec toi retrouver au moindre sursaut ton épaule entendre ta respiration mesure du temps qui me reste Reste encore un peu près de moi console-moi de ton absence toutes les saisons de ta vie teindront la roue de mes années Tant d'autres fantômes défilent dans les corridors du sommeil Encore te voir et t'entendre suivre tes conseils obéir à tes subtiles suggestions dans mes hésitations voraces Moi qui suis si sec et si raide cherchant à maintenir le masque sans lequel je m'effondrerais sans lequel je m'effondrerais Tant d'autres fantômes défilent dans les corridors du sommeil montant descendant sans répit les ascenseurs de la mémoire
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Dormir avec toi retrouver au moindre sursaut ton épaule entendre ta respiration mesure du temps qui me reste Reste encore un peu près de moi console-moi de ton absence toutes les saisons de ta vie teindront la roue de mes années Tant d'autres fantômes défilent dans les corridors du sommeil Encore te voir et t'entendre suivre tes conseils obéir à tes subtiles suggestions dans mes hésitations voraces Moi qui suis si sec et si raide cherchant à maintenir le masque sans lequel je m'effondrerais sans lequel je m'effondrerais Tant d'autres fantômes défilent dans les corridors du sommeil montant descendant sans répit les ascenseurs de la mémoire
14 juillet 2014
24 mai 2014
La Flamme
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On dit souvent que le cœur ne s'use
Que si l'on ne s'en sert pas
Et qu'il ne trouve aucunes excuses
Au vide laissé derrière soi
Qu'il faut le mettre au fond de sa poche
Dans un mouchoir, sous les crachats
Qu'il meure comme se sont tues les cloches
Qui chantaient pour nous deux je crois
Je t'écoutais me dire
Que tout ça, ce n'était pas un drame
Pourtant te voir partir
A fini d'éteindre la flamme
J'ai renoncé à mes soupirs
Mais depuis je n'existe pas
Et je ravale mes sourires
Cousus du fil de tes draps
Les histoires qui se répètent
Se finissent toutes sur une croix
Je voulais qu'enfin ça s'arrête
Que mon cœur se taise pour une fois
Et le temps marque de son fer
Tous les choix que l'on ne fait pas
Il rassemble en grains de poussières
Le reste de nous ici bas
Pourtant ce cœur que je déserte
Que je prive de tout ses droits
Dés qu'une fenêtre est ouverte
Il guette le son de ta voix
12 mai 2014
FARNIENTE
-> DJ Newbell à la flute
-> Concept/Accords : Christophe Labarthe
-> Illustration : fineartamerica.com/profiles/danielle-sandini
Thks guys ! ^^
J'aime autant qu'on le dise
Le moindre effort m'épuise
J'aime autant qu'on le sache
La muscu moi ça me fâche
Je confesse un grand manque d'intérêt
Pour tout ce qui vous fait bouger
Je m'étire et je baille
Quand je vous vois courir
Quand je vous vois courir
Quand je vous vois
Courir au travail
Quand je vous vois courir
Quand je vous vois
Courir vaille que vaille
On dé, on dé,
On dé, on défaille
Les doigts de pied en éventail
On n'est, on n'est
On n'est pas si mal
Quand le Farniente s'installe
Ouvrir la bouche est un crime
À force d'aboyer on se mine
Prendre ses jambes à son coup
Ne vaut rien, ça nous rend fou
La seule chose qui m'inspire
Trouver un coin où on respire
Je sens que je dérange
Quand je quitte un instant ma chambre
J'ai aussi peu de projet
Que dans le crâne d'un nouveau né
Et comme lui me suffit
Pour me distraire de regarder en l'air
Voir les nuages guetter
Un souffle pour se dissiper
C'est la tâche solaire
De mes journées solitaires
06 mai 2014
Pirate d'appart'
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Maria tes voyages durent plus d'une annéeMaria j'ai rêvé d'un jour t'accompagner
Maria tes voyages loin de nos eaux glacées
Maria je voulais les faire à tes côtés
Je n'aurais jamais dû mais qui peut m'en blâmer
À la tombé du jour, ma pension j'ai quitté
J'ai couru les pavés vers les caves où tu chantes
Je voulais respirer sous tes voiles puissantes
On disait que tes airs dissiperaient les brumes
Que tes lèvres portaient au sommet de la hune
Et des marais salants guériraient les blessures
Car mon cœur en ces temps se poissait de saumure
On me voyait le soir descendre jusqu'au port
Quelques heures à jouer au marin ivre mort
Bras dessus bras dessous, on ruinait les cantines
En hurlant trop content à l'abri de la bruine
Pour les déboussolés, tous les frères de fortune
Les marins assoiffés perdus sur le bitume
Tu promets des palmiers sur les mers de corail
J'ai signé, je me fous de gouter la ferraille
Je ne chercherais plus l'éclat du rayon vert
Ma coque a succombé sous les grains sans te plaire
Je n'ai rien du pirate si ce n'est la galère
Où je rame sans espoir de faire machine arrière
22 janvier 2013
Le slip était fourré
Mme Faubnas, je me permets de vous écrire car j’occupe actuellement le poste de documentaliste stagiaire au sein de la section d’informatisation de la gestion des dossiers liés aux affaires classées. Mon attention a été éveillée lorsque j’ai numérisé la photo du cou de la victime. Je me suis permis, hors de mes heures de travail, de vérifier certaines hypothèse qui me semblaient troublantes.
- le simple frottement d’un coquillage imbibé de curare n’aurait pas suffit a tuer la victime.
- j’ai reconnu, par hasard, l’inconnu qui tient la hanche de la victime : c’est un scientifique qui a récemment publié une découverte sur le mode de fixation du gecko, M. Kellar Autumn, du Gecko Lab de l’université de Kiel.
Je vous passe les détails techniques que vous pourrez retrouver sur ce site :
http://sciencetonnante.wordpress.com/2012/12/10/comment-le-gecko-fait-il-pour-grimper-aux-murs/
Bref, tout porte à croire que les restes de curare trouvés dans le coquillage cauri (Cypraea moneta) provenaient en fait de l’étoffe de la veste de Laurence F. Étoffe dont le tissu possède la même particularité de finesse moléculaire que les spatulea du fameux gecko. Et c’est sans aucun doute le vrai vecteur du curare.
Mlle F. avait découvert que le labo du professeur Autumn, sous couvert d’innocentes recherche liées aux adhésifs, était en fait en relation étroite avec la section militaire de son gouvernement.
Et que faisait-elle dans cette galère ?
Vous n’avez pas pu passer à côté de tous ces indices. J’ai donc cru au début que vous étiez de mèche avec son réseau d’espionnage international et que vous aviez sabotés une deuxième fois l’enquête pour leur compte. Oui, les présomptions que Mlle F. soit une barbouze sont bien trop flagrantes. Mais maintenant, je m’inquiète pour votre santé. La fatigue que vous ressentez est un des premiers symptôme de l'empoisonnement.
C’est donc comme ça qu’ils vous tiennent : l’antidote contre votre silence.
Mais vous n’êtes plus seule. Je vais relayer l’information sur un maximum de blogs et réseau sociaux.
La seule option de nos ennemis seraient qu’ils fassent passer tout ceci pour de la fiction.
Mais le monde saura que l’industrie textile est manipulée par les forces réactionnaires voulant prendre le contrôle global sur nos vies !
Ils ne nous aurons pas !
Tiens …?
Mon slip me démange horriblement l’entre-jambes.
Serait-ce une de leurs…
Non !
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