Après la tenue
Je reste ou je pars ?
Je laisse un temps ou deux
Et le teint défait feins
D’avoir tout laissé filer
Avant de terriblement enchaîner
Déchanter
Ou vraiment s’écraser
Sur la coda qui ne sait que ceindre
Et comme toujours du début
Repartir.
Après la tenue en tout cas
Que les mains se jettent
Joyeusement les unes vers les autres
Ou qu’elles pendent abandonnées
Elles aussi soumises
Aux sales gimmicks
Séparées par les corps de marbre
Les pierres rigides
Il faudra bien qu’elle ondule
Celle qui n’est soumise
Qu’à l’harmonie
Après la tenue
J’aurai
Ô mon Dieu !
C’est en posant la dernière note qu’on le sait
Tellement souhaité continuer
Je suis la basse qui marche
Posez-vous, appuyez-vous
Contre mon dos rond, mon gros ventre
Je suis la basse en marche
Un tapis persan traversant les nuages
Qui croyait pouvoir toutes et tous
Vous transporter
Après la tenue
Je me suis étalé
J’ai oublié, j’ai refusé
De respirer
Après la tenue
Personne n’a cédé
Alors j’ai glissé de case en case
Hors de la gamme qui nous guidait
Je suis celle qui plus que dérange
N’a rien à faire ici
Celle qui gâche
Je suis fausse
Jamais assez muette
Rares sont ceux qui m’oublient
Aujourd’hui enfin
Après la tenue
J’en ai profité
Par amour d’un silence
Pour me faire oublier
La morte.
08 novembre 2012
24 octobre 2012
La haine vous allait si bien
![]() |
| Kiele Sanchez de chez 30 jours |
C’est une veste sombre. Appelant l’obscurité, sans pour autant céder au noir. Car, établi, il ne demanderait qu’à tout dévorer, de l’angoisse jusqu’à la paix. Le toucher doux de l’acier, qui ne renvoie qu’une image implacable, impeccable, sait qu’il va tout déchirer. Il fallait qu’elle se laisse deviner, l’horreur.
Il fallait donc donner, pour recevoir, et encore demander, pour savoir, et toujours, inviter, pour se voir. De mon côté, surtout, discriminer.
Ce qui ne fût, loin s’en faut, pas fait.
Un tailleur légèrement échancré. Un appel, une infime possibilité, la pente.
Il y avait pourtant eu un avant la haine. Avant les brouillards glacés de novembre. Ce furent des éclats de rire, courts et aigus. Des bruits de braises chaudes dans la cheminée du salon. Des pieds nus sur la moquette. Des promesses de fêtes imminentes, des jeux.
Une femme est venue, les bras chargés de cadeaux. Elle distribuait, comme au hasard, des paquets anonymes, de toutes formes et de toutes tailles. Sa soif d’offrir illuminait son regard, rosissait ses joues. Elle semblait prête à se consumer, de baisers en baisers. Elle sentait l’herbe folle des près en jachère, du temps des colonies à la liberté bafouée, par les grumeaux de bitume liquéfié des chemins brûlants sous la canicule.
Les nuages s’alourdissaient.
Alors elle m’a enseignée la haine. Quand vint l’évidence que, par nos poches trouées, les sagesses anciennes furent dispersées en poussière de marbre, englouties par la plus isolée des clairières ; il ne resta plus qu’elle.
Son présent, j’ai dit, ce fût la haine. Parce que la ville nous attendait. Parce qu’il était tard. Le ciel perdait devant l’orage. Elle prodigua, contre le pire, ce qui s’avéra être le pire des contre-feu.
Elle cherchait quoi ?
L’amour, j’imagine.
Elle proposa ? Oui, la haine.
Mais elle la portait si bien... Une haine soigneusement réfléchie, délicatement découpée, qui lui tombait parfaitement, judicieusement, au dessus du genou. Agréable l’été, pratique en hivers, toujours à l’aise entre deux taxis, entre deux averses. Un vêtement délicieux d’intelligence.
Et la Javanaise résonnait, en négatif :
“J'avoue j'en ai bavé pas vous,
Mon amour
Quand j’ai eu vent de vous,
Mon amour”
Mais c’était moins beau. Un jour je regarderais les pieds, bien plus attentivement. C’est qu’ils tiennent autant l’édifice qu’ils ne précipitent sa chute. Et moi, enfin, avec une indélicatesse coupable, et pourtant devenue tout à fait coutumière, je m’en fous comme de ma première chemise.
Comme de vous, et de votre étrange cadeaux, impossible à refuser, inutile à accepter. Un cadeaux qui ne s’ouvre que pour se refermer, après avoir avalé celui qui a eu l’audace de le dépiauter.
Mais, ce n’était pas vraiment un cadeau.
Pourtant, il vous allait si bien.
09 octobre 2012
De pleins bols de rage
![]() |
| Automn by Scott |
Les cœurs mous gisent écrasés
Sous les semelles hurlantes des troupeaux
Du monde de la colère organisée
Où je remplissais en routine mécanique
Mon bol de rage
J'étais le plus doux des invités
Lorsque, sur les tables débordées du banquet,
Nos chefs se sont levés
Alors, à nos pieds, nous fûmes priés
De jeter les écorces de nos amours décortiqués
Je dors, la joue collée contre une motte de terre morte
Rêvant de formules oubliées
Rêvant de compagnons d’argile à ranimer
Rêvant de puits rendus inutiles
Par une seule source
De la seule et vraie ivresse
Aujourd’hui, j’ai délégué le dernier de mes flux
Un souvenir de mes humeurs toujours moites
Opaques et laiteuses
Que tu m’as promis de garder
A jamais éveillées
En ton sein
Et j’ai pris mes jambes à mon cou
Gémis en grinçant des dents :
Les morts avec les morts
Les forts
Les torts
… Dors !
10 septembre 2012
Parole à Tanger
Et il se rebiffe. Tanger, c’est sa ville. Et moi, enivré des parfums de la médina, je parle. D’une noria aux rouages étrangers, les mots remontent en continu. Ils ne semblent pas m’appartenir plus que si je n’étais qu’une jetée déposée sur la mer, savourant, à peine conscient sous la chaleur, la fraîcheur des flots qui me frôlent. Un mur de pierre bâti aux commencements. Contenant, d’un mouvement d’épaule imperceptible, les vagues de syllabes trop curieuses. C’est qu’elles sont avides de mes inattentions coutumières, amoureuses de ces brèches qu’elles attendent pour enfin déborder. Alors elles pourront détourner sans souci les plus claires de mes idées, pour lesquelles elles semblent d’ailleurs n’avoir jamais eu qu’un intérêt passager.
Quelque chose de primordial pourtant me semble à portée. Alors j'empile soudain consonnes, voyelles, phrases, théories, contradictions ou vérités, plus sensible à l’énergie chaleureuse qui m’habite qu’au sens que porte ma voix qui s’aggrave à mesure que l’air me brûle. Mais les blocs de raison que je jette en son lit nuisent plus à mon débit que cette terrible canicule, dévoreuse de nos vitaux apaisements nocturnes.
Simplement continuer à distiller ces ondes concentriques, omnidirectionnelles, accordé à l’instant. Laisser les ruelles m’embrasser en douceur et jouer, étourdi de tourbillonner, confiant qu’à la fin toujours elles me bercent. Alors naîtra la mélodie. Celle qu’on perd en s’y accrochant. Celle qui devient parole, je crois. Celle qu’on espère comme la plus sûre des promesses de paix.
Soudain je chancelle, comme au réveil.
Il parle.
Et je souris. Comprends. La solitude, la violence, la blessure.
La plaie qui suinte à mon côté devant ma peine à échanger me broie de moins en moins les entrailles.
Il n’est pas plus important que j’inonde l’univers de reflets lumineux que je cède d’un cœur léger la parole à qui veut.
Il l’a repris, cette parole.
Je suis donc chez lui.
Heureux d’être enfin perdu, enfin étranger. D’être loin d’avoir tout dit. De ne jamais être capable de pouvoir tout dire. Heureux d’avoir l’occasion d’essayer de faire miens les mots d’un autre.
Apprendre me relie.
Savoir m’isole.
Je cicatrise.
Ravi de pouvoir encore un peu vraiment écouter.
Quelque chose de primordial pourtant me semble à portée. Alors j'empile soudain consonnes, voyelles, phrases, théories, contradictions ou vérités, plus sensible à l’énergie chaleureuse qui m’habite qu’au sens que porte ma voix qui s’aggrave à mesure que l’air me brûle. Mais les blocs de raison que je jette en son lit nuisent plus à mon débit que cette terrible canicule, dévoreuse de nos vitaux apaisements nocturnes.
Simplement continuer à distiller ces ondes concentriques, omnidirectionnelles, accordé à l’instant. Laisser les ruelles m’embrasser en douceur et jouer, étourdi de tourbillonner, confiant qu’à la fin toujours elles me bercent. Alors naîtra la mélodie. Celle qu’on perd en s’y accrochant. Celle qui devient parole, je crois. Celle qu’on espère comme la plus sûre des promesses de paix.
Soudain je chancelle, comme au réveil.
Il parle.
Et je souris. Comprends. La solitude, la violence, la blessure.
La plaie qui suinte à mon côté devant ma peine à échanger me broie de moins en moins les entrailles.
Il n’est pas plus important que j’inonde l’univers de reflets lumineux que je cède d’un cœur léger la parole à qui veut.
Il l’a repris, cette parole.
Je suis donc chez lui.
Heureux d’être enfin perdu, enfin étranger. D’être loin d’avoir tout dit. De ne jamais être capable de pouvoir tout dire. Heureux d’avoir l’occasion d’essayer de faire miens les mots d’un autre.
Apprendre me relie.
Savoir m’isole.
Je cicatrise.
Ravi de pouvoir encore un peu vraiment écouter.
16 juillet 2012
Haut-le-cœur
Il
a fallu attendre. Attendre longtemps. Garder les yeux ouverts. Oublier
la fatigue. Jamais nuit ne fut plus longue que celle qui m’accompagna.
Et l’ennui, l’ennui. Brûlé dans les étincelles d’alcool sous mes
paupières fermées. Je le croyais pulvérisé. Je dessinais dans ses
cendres les corps nus de celles que j’aurais dû caresser. Et cette
poussière illusoire, soit disant morte, apparemment docile, se laissait
faire. J’étais heureux, artiste et fou. Je contemplais dans l’obscurité
des feux allumés pour moi seul. Je dormais par terre dans les empreintes
en berceau que le poids des géants millénaires avaient sculptées dans
la pierre. Je revivais les temps anciens, quand le sol était mou,
malléable, quand on hurlait dans l’hiver unique, recouvert seulement du
nécessaire, d’un épais manteau d’argile, d’une vitale croûte primale.
Nous sommes tous sortis de terre !
A
cette époque, je fréquentais les taupes. Leur taille minuscule m’aurait
laissé froid si leur nombre insensé associé à la douceur de leur
fourrure ne m’avait tricoté la plus chaude des couvertures. J’étais
saoul, je le rappelle. Et c’est en ricanant que je me laissais border.
Il faut bien vivre, se nourrir même si ce n’est que des rires
homéopathes échappés des brumes de l’aube.
Mais
le rire qui dure trop, c’est comme tout, ça nous tue.
Alors un soir d’ivresse, échappant de justesse à la folie et
au crime, je suis mort.
Je veux dire,
j’ai arrêté de boire. Vinrent de rapides décennies que je passais à
tituber, ravi, chancelant, curieux et confiant. Les yeux opaques baignés
de larmes. Le cœur, comme il se doit, broyé, étouffé sous les
parchemins. Je devais être terriblement assommant en voyant polaire
grignoteur de sabbat volcanique. Anachronique, dépareillé, déplacé,
fatiguant.
L’énergie incroyable
consumée lorsqu’il faut enfin se résoudre à lever la hache sur la
barrique m’avait réduit l’âme et le reste en poussière. On ne
remarquait, même penché de l’attention la plus concentrée sur mes
restes, aucune différence entre moi et les fameuses cendres de l’ennui.
Rappelez vous, celles des débuts défunts et funestes de ma cruelle
crémation.
Et je serais bien
incapable de calculer le temps durant lequel nous fûmes pilés, lui et
moi, dans ce creusé alchimique où la nuit m’avait conduit.
Maintenant sans vergogne, la fusion accomplie, c’est à mon
tour de murmurer aux oreilles des chanteurs hurleurs, les innocents
festoyeurs : je suis le fidèle, celui qui jamais ne vous abandonnera. Je
suis l’Ennui !
Je vous retrouverai,
incrédules, adossés aux pierres antiques, cherchant à fuir l’accablante
chaleur stambouliote. Et là, à grands coups d’Ennui, je vous écraserai.
Même les plus courageux, dispersés aux confins des plaines de
la Grande Mongolie Éternelle, je les retrouverai. Je suis le grumeau
flottant entre deux eaux, caché dans les seaux de lait de jument
fermenté que bientôt vous vomirez.
J’ai
détruit tant de travailleurs acharnés à me fuir que j’avoue moi aussi,
quand revient le soir après une journée trop chargée, ressentir ce
trivial et commun haut-le-cœur.
Alors
je repars en chasse pour l’oublier.
Et la boucle
est bouclée.14 juillet 2012
Maternité
Le mal, le grand, sans majuscule quand même
C’est sûr comme le fer planté
Au dur milieu du visage
Je n’irai nulle part, ni à dire
Que c’est de mes mains, les gouffres
Où jamais ne vint gratter le soleil
Sous l’ombre de l’un de ses rayons
La lumière me justifie
Je n’ai rien bâti de plus
Que ce que tu vois de moi
Mais les montagnes, les plis de la terre
Qui se brisent et dégueulent de lave
Ces pierres rougies à vif j’en avoue
De quelques unes la maternité
Tu vois, je macère, je calcule
Dans mes entrailles ces drames
Pour l’amour de la science je crois
Du moins je m’entends
Sans qu’on ne m’y encourage,
Le dire
Alors j’ai coché en pleine conscience
Un peu au hasard
J’ai noté le jour définitif
Classique et implacable
Que j’hésite à colorier
Pour que tombe la peine sur la peine
Oui, c’est triste et grave et pathétique
De voir le bourreau lever sur son propre cou
En laissant grincer ses dents
Le sobre, le commun, le sale outil capital
Je subirai comme je le souhaite
La plus douloureuse des sentences
Quand la lame glacée, le métal bouillant
Gorgée des joies millénaires
Viendra relancer mon moteur mon cœur
Les tenants, les bras ballants
N’aboutissent que rarement
Là où les lois les prévisions
Les attendent.
03 juillet 2012
La cuisine imaginaire
Atelier d'écriture chez Asphodèle.
Utiliser les mots suivants :
quenelle – quiproquo – quolibet – quiétude – quintessence – quota – quérir – quenotte – querelle – quinoa – quilles – quintette – quartier – quintal – quinquet – quelconque – quitter – quasi – quantité.
Je
m’en suis rendu compte il y a peu. Lors d’un de ces trop copieux repas
de famille. L’heure avait tourné et je sentais qu’il me faudrait enfin
trouver le courage de les faire, ces tristes adieux au temps béni et
insouciant de l’enfance. J’étais, comme jamais auparavant, bien décidé à
franchir le pas, à le payer ce lourd tribu.
Car elles
seront irrémédiablement finies les galipettes effrénées dans les prés
vallonnés, celles qui impriment leurs traces vertes indélébiles sur nos
fonds de culotte, tout en nous laissant consciencieusement sourds au
lointain quota de punitions que l’on ira quérir en tremblant sous les
quolibets des copains. Terminées les querelles avec d’adorables chipies,
nos reines du quiproquo et de l’embrouille. Abandonnés les jeux de
quilles sur les trottoirs contre les gamins du quartier voisin et
perdues pour longtemps les quenottes si bien cachées par l’invisible, la
toute petite souris, qu’on n'y remettra la main dessus qu'une foule
d'années après.
Il y a quantité de choses que je regrette déjà.
Comme l’assurance d’avoir toujours un papa très fort, prêt à me tirer
des quelconques mauvais pas où j’avais la quasi certitude de foncer tête
baissée. Car il pouvait, il me l'avait juré sans mentir, soulever
facilement un bon quintal dans chaque main ; et ça aussi haut que le
plus haut du dessus de ma tête.
Mais ce n’était plus possible de
continuer comme ça. Il fallait tout quitter ou continuer jusqu’à la fin à
me bercer de cette hypnotique quiétude qui m’engourdissait. Comme s’il
était possible d’éternellement s’éclairer à l’antique lueur du quinquet.
Comme si mon corps, mes neurones pouvaient encore longtemps supporter
le rythme assourdissant de ce quintette de jazz New Orleans qui
enflammait, chaque dimanche soir, l’arrière salle du Bistrot Créole, où
je diluais, dans le rhum et la musique, la déprime qui me rongeait à la
seule pensée d’un autre lundi de bureau.
Certains prétendent que
la quintessence d’un changement ne s'obtient que par une mutation
radicale, instantanée et définitive de tout son être. Je veux bien,
soit. Accordons leur tout le crédit qu’ils demandent.
Mais je
doute, car la vérité c’est qu’ils ne les ont pas passées dans ma boite,
les deux dernières décennies... Déjà, le simple fait d’écrire ces lignes
me rend suspect à moi-même. Quel drôle d’intérêt puis je trouver à
essayer de concevoir ce qui peut exister au delà des outils
intellectuels, déjà conséquents, que ma profession et ma vie sociale
nécessitent ?
Pourquoi faire, pourquoi gâcher tout ce temps, cette énergie ?
Et
si j’arrive tant bien que mal à envisager qu’il puisse y avoir une
alternative à la vie absurde que je me suis construite, me plonger d’un
coup comme ça dans l’inconnu...
Je n’y pense même pas. Je sais qu’il me faut, à l’instar d’un toxicomane en cure, une sorte de lente désintoxication.
Mais
heureusement aujourd’hui, hasard du calendrier festif familial, j’ai
trouvé par où commencer. Dès demain matin, je vais petit à petit
modifier mon régime alimentaire. J’ai établi un programme à base de
quinoa qui devrait me faire le plus grand bien.
Mais je sais qu’il
me faudra absolument garder ce jour en mémoire. Car la rechute est
toujours là, une main sur mon épaule, à guetter un faux pas.
Alors
c’en est fini de tout ce qui faisait la joie des repas d’enfance. Je me
souviendrais longtemps de ce dernier coup de fourchette, écrasant un
corps oblong, à la pâleur phallique, à la mollesse écœurante. Et cette
pâte uniforme, à deux doigts de suinter de graisse, et dont personne ne
pourrait sincèrement en certifier la fraîcheur des ingrédients... Mais
bien sûr que le charcutier nous ment, nous cache quelque chose. Sinon,
pourquoi tout broyer en une bouillie méconnaissable ? Historiquement
parlant en plus, le saint plat était déjà entaché de spoliation, de la
victoire de l’argent sur l’artisanat local ; et ce, depuis le début du
siècle dernier.
J’ai lâché mes couverts brusquement, comme on sort d’un cauchemar récurent.J’ai escaladé ma chaise.
J’ai fait tinter mon verre en demandant l’attention.
Et j’ai réussi à hurler entre deux jets de vomi :
- Ah ça non, pour moi il est clair et net que la quenelle, c’est mort !
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