20 octobre 2016

Ceci n'est qu'une île


Chaque matin, au réveil redondant,
Sur une plage, aveuglé, je m'échoue

Chaque jour, le voyage tourne court
Et je rampe, au lever, embrumé, sur le sable

Quelques restes salés de la nuit sur le corps
Quelques rêves de varech aux sirènes mélangés

Tant de fantômes insensés piégés entre deux eaux
Tant d’innommables peuplent ces fonds abyssaux

Devant moi, si j’arrive à m'y traîner, par delà ce désert
La promesse d’un refuge, d’une jungle vivace

Que sous les futées s’apaise enfin ce soleil implacable
Qui ne sait que brûler, se plait à m'écraser

Et tous les jours je revis cette fable
Le même échouage, le même refuge
L’eau, le sel, le feu et l’ombre
Dans cet ordre, imperturbable

Car mes journées sont des îles 
Au milieu de nulle part, encerclées
De tous côtés, des ténèbres font la ronde
Gardes-côtes aimables
Elles attirent, Elles repoussent
En tous sens, nous occupent

Alors, on se dit qu’il nous reste le ciel
Alors, on construit, pour l’espace, un vaisseau

Mais que l'infini est amer 
Et ce vide à l'entour...

Comme si la vie au grand jour, 
Comme si la veille sur la Terre,
Tout ceci n'était qu'une île
Où n’erreraient hagards 
Que de las naufragés


05 septembre 2016

Gravité 1

photo de The Expanse

Cette fois-ci, franchement, nous n'aurions rien pu faire. C'est arrivé petit à petit, insidieusement, sans aucun signes avant-coureurs.
Certain corps de métiers, malgré tout, voulurent lancer l'alerte. Mais la chose, tellement peu probable, ne fut pas entendue. Un pèse-personne qui se dérègle, c'est monnaie courante, quand l'affichage diffère par trop de l'expérience sensible. Alors, pour une fois que l'erreur était en faveur de l'utilisateur, qui s'en plaindrait ? Des scores de lancer de javelot qui grimpent, ça fait se lever les foules. Les stades pleins à craquer nous faisaient oublier, pour un temps, la chape anxiogène que la politique imprimait sur le moindre de nos médias.
Au début, c'était très sympa. Planait dans l'air une légèreté qui rappelait l'enfance. Tous nos déplacements adoucis, les accidents moins graves, les caresses enfin tendres. Une lune de miel d'avec nos corps, bien qu'ils n'eussent pas changés.
N'avaient-ils pas changés ? Certain le croyaient, puisqu'une sensation se doit d'être preuve, surtout lorsqu'il s'agit de l'intime. Sinon, à qui se fier ?
Je sortais du bureau, le jour où nous avons dû regarder les choses en face ; quelque chose d'anormal était en train de se produire. J'avais fouillé dans ma poche pour en sortir un vieux paquet de gommes à mâcher. Il n'en restait que deux ou trois mais j'en étais soulagé. Car il aurait aussi bien pu être vide ; ma main droite ne sachant pas toujours ce que me donnait ma main gauche. Alors, avant même de le prendre en bouche, j'en sentais la fraicheur me fouetter le palais, irradiant en ondes de plaisir jusque derrière mes oreilles.
La réalité, fidèle à son habitude, fut un peu en deçà de mes espérances, mais resta agréable, tout de même. Et puis, c'est en mâchant qu'on fait naitre le plaisir. Je me préparais donc un bon trajet de machouillage jusqu'à chez nous. Il ne me restait qu'une épreuve ; viser correctement la poubelle de rue, pour y jeter la minuscule feuille d’emballage de ma friandise. Ce qui ne se fait pas sans une astucieuse préparation, comme celle de confectionner une petite boule, pour gagner en pénétration de l'air. Minimiser au maximum le coefficient de traînée Cx = 2 F /(S . M .V²) est un art à part entière dans lequel je me flatte d’exceller.
La propulsion aussi, a son rôle à jouer. Mais il est loin, ici, de ne s'agir que de puissance. Ce qui serait, pour vrai, tout à fait vulgaire. Le geste se doit d'être sûr, efficace ; rien de plus ridicule que de n'engendrer qu'une poussive poussée. Mais il doit en même posséder certaine caractéristiques esthétiques, telles que la discrétion, la grâce, voire l'incongruité. 
Personnellement, j'encourage la technique dite de la "bille de l'air" ; la boulette est maintenue, sans trop de pression pour ne pas l'écraser, ce qui aurait comme conséquence fâcheuse de massacrer ainsi son faible Cx (voir définition plus haut), entre le pouce et le majeur, les autres doigts restant élégamment tendus en direction de la cible, symbolisant ici ce que nous appellerons dorénavant, la visée.
Aucun athlète ne peut, à priori, garantir la perfection de son geste mais j’eus la faiblesse de penser, qu'en cette heure, ma performance la frôlait joliment.
La boulette me fit somptueusement mentir ; elle n’atteignit jamais son objectif. 
Sa trajectoire molle snoba la poubelle pour continuer calmement sa course, par delà la route, quittant, au final, et après qui peut savoir combien de temps, mon champs, troublé, de vision, sans jamais avoir touché le sol.
J'en restais cois, pas fier pour un sous, en contemplant la main vide d'où elle s'était élancée.
Trop conscient qu'elle seule n'aurait pu créer ce prodige.  

(à suivre...)

01 août 2016

L’atome, ça tombe à pic.


Sandy Skoglund - clic 
Mil et une (atelier d'écriture)
LE MOT A PLACER EST : ETCETERA
Nous avons clairement pris des risques.
L'idée était de trouver une source d'énergie inépuisable.
Comme dans le mythe de je-sais-plus-qui, ne plus dépendre des aléas de la nature. Le contrôle absolu, quoi. Au début, ça faisait sens. Le pétrole polluait plus qu'on ne pouvait le supporter et il était sous la coupe de puissances potentiellement belliqueuses ; surtout compte tenu de leurs désirs de revanche (vu ce qu'on leur avait mis par le passé...)

Bref, l’atome tombait à pic.

On courait tous comme des abrutis, sans vraiment se préoccuper des conséquences de nos choix. Personne n'aurait osé l’affirmer publiquement, mais nous avions clairement fait acte de Foi envers la Science. La décontamination du stockage...?
- J'affirme avec confiance, je crois fermement, j'ai une Foi totale dans le fait que, un jour, la science trouvera une solution claire, sûre et définitive. Nous l’appelons l'Avènement, pour vous dire.
Et pour l'instant, prions. Que rien ne nous pète à la gueule.

Bon, ça a pété.
Et plusieurs fois.
Et une, et deux, et trois,
Et cetera.

Certes, il ne serait pas juste de dire que nous n'avons pas assez prié. Honnêtement, nous n'avons pas prié, du tout. Parce que, si la Science était devenue notre religion, il n'était pas question d'en garder tous les aspects chelous. Enfin, les aspects non scientifiques. C'était plus une fascination, à bien y réfléchir.
Et puis, nous n'avions clairement pas le temps pour ces conneries.
La solution la plus efficiente, nous l'avions vite trouvée, le couple parfait : Production/Distraction.
Alors, que ça pète ou que ça ne pète pas, c'était vraiment ni de notre ressort, ni dans nos préoccupations.

Bon, ça a pété.
Et plusieurs fois.
Et une, et deux, et trois,
Et cetera.

C'est fou, ça, je n'arrive plus à me rappeler du nombre d'accident nucléaires. L'ai-je jamais su ?
On pense que la fin est arrivée, et puis non.
On voit l'humanité perdue, et puis non. Ça repart, sans que l'on se pose trop de questions, surtout celle-là :
- Qu'est-ce qui repart ?
Pas le temps, je vous dis. Il fallait reconstruire, penser les blessures, enterrer les morts, enterrer les choses, beaucoup de chouette boulot. Et alors, pour occuper, ça occupait. J'avoue qu'on méprisait pas mal les oiseaux de malheur, ces tristes charognards qui susurraient à nos oreilles :

Bon, ça a pété.
Et plusieurs fois.
Et une, et deux, et trois,
Et cetera.

Pour chanter, ça, y'avait du monde. Mais pour faire avancer l'humanité, c'était à nous de nous coltiner tout le travail. Eux, ils étaient gris, tristes, ne pensant qu'à leur vénération pour la nature, la décroissance (sic!) et pour leurs chats. D'après ce qu'on en disait dans les médias, ils adoraient les chats, ils en avaient plein. On prétendait même que c'était les seuls être à posséder une couleur, dans leurs esprits décrépis. Vert, évidement.
Bon, je suppute en me basant sur ces "visons d'artistes" qui parcourent le net. Car en fait, ils ont disparus. Après le jenesaispluscombientième accident, il n'y eu plus d'opposant au nucléaire.
Curieux, plus personne ne chantait :

Bon, ça a pété.
Et plusieurs fois.
Et une, et deux, et trois,
Et cetera.

Et plus personne de prétendre que nous avons fait le mauvais choix.
Il n'y eu plus que :
Production/Distraction/Production/Distraction/Production/Distraction/Production/Distraction/Production/Distraction/Production/Distraction/Production/Distraction/Production/Distraction/Production/Distraction/Production/Distraction/Production/Distraction/Production/Distraction/Production/Distraction/Production/Distraction/Production/Distraction/Production/Distraction/
etc.
Je faisais facilement taire la petite voix qui monte parfois, entre deux explosions. Et maintenant, je ne l'entends même plus. Si c'est pas une preuve de son inexistance.
Elle me disait, voyons, si je me souvient bien :
- Tu sais, c'est tout simple, si aucun de ces "incidents" ne peut mettre un frein définitif à l’aventure humaine, c'est tout bonnement parce qu'en fait, la Vie, ça fait bien longtemps qu'elle nous a quitté.

N'importe quoi...
Alors, pour rigoler, avec les potes, on aime bien picoler en hurlant :

«Bon, ça a pétéééééééé !

Et plusieurs fois.

Et une, et deux, et trois,

Et ceteraaaaaaaaaa !»

26 juillet 2016

Balcon, fin juillet de cette année


Rappelle-toi, le cœur, lourd, calcaire friable
Irradiant
Car depuis, il s'est tu

Rappelle-toi ses ramifications acides
Intarissables
En cette heure asséchées

Et le vent doux dans les platanes
Parfait
N'y est pour rien

Le ciel d'été, l'asile de verdure
Encerclé par la ville
Le calme, enfin,
Tout ça n'est rien

Je laisse mon regard embrasser ce qu'il veut.

D'un seul coup,
Le bleu des confins,
Le balancement vert de ces feuilles folles,
Les troncs d'arbres stoïques,
La pierre blanche entre les ramures,
Tout fait corps.

Et pourtant,
Quelque chose sourd derrière ce décors.

Nos âmes moribondes de cette fin de juillet,
Douce, ensoleillée  ;
Sont en paix,
Sans raison valable.

Elles le savaient, elles,
Bien avant le lever,
Qu'il leur faudrait s'accorder
Avec la douceur de cette fin de matinée.



29 mars 2016

Surface et profondeur d'une foule


Tu la sens, l'énergie de la foule ?
Ou n'est-ce que moi qui divague ?

Je n'oublie que rarement, qu'il le faudra, de gré ou de force, un jour ou l'autre, sortir.
Mais il me semblait bien tôt ...?
Je n'avais, en fait, prévu qu'une seule sortie, définitive, en complet de sapin.
Et tu m'as parlé.
Je déteste les foules, en vrai.
Leurs certitudes, leur violence sourde, les germes de peur qu'elles sèment, l'hystérie toute proche.
Tu m'as dit : C'est vrai, mais nous n'allons pas pour le plaisir, ni pour passer un bon moment, manifester.

J'ai senti quelques bruissements, discrètement, observé, du coin de l'œil, mes propres certitudes, qui tentaient de se cacher, se protéger, derrière des mots, qui ne valaient plus grand chose, face à toi.
Nous aurions pu parler de Gandhi, de Martin Luther King, de Thoreau, de la marche de l'Histoire.
Je n'y connais rien. À peine moi-même. Alors j'ai parlé de moi.
Qui vais-je devenir, perdu dans la foule ?
Rien ?
Autre chose ?
Nous avons souri, je crois, car, visiblement, tout ceci n'était que gémissements.
S'extirper du confort du nourrisson, le vrai travail d'une vie !

Nous ne sommes que
Ce que, d'instant en instant,
Dans un demi-sommeil,
La Situation,
Sans arrêt actualisée,
Réussi à nous motiver
D'Être.

J'aurais bien fini cette vie en légèreté, tellement vaporisé que je n'aurais même pas déclenché de battement d'aile, même du plus petit du plus petits des papillons.

Mais ta main s'est posée sur mon dos.
C'était énormément peu, une simple évidence ; j'étais, sans le savoir, déjà là.
Ta main a glissé sur mon dos et j'ai senti ma surface.
Parfois dangereuse, pour moi, pour les autres, souvent inutile, régulièrement inacceptable.
Mais là.

Alors, je plongerais cette surface, qui prétend prévaloir sur ce que je suis, ce que je pense et ce que je vaux, dans la foule. Comme dans l'acide. Et qu'il en sorte ce que voudra !

Je serais là, à 10h30, Place de la Victoire.

Pour dire que croissance, prospérité, ne doivent être que les justes conséquences de nos activités communes apaisées.
Et non pas le moteur premier de nos gestionnaires perdus, soumis aux seules entités qu'ils pensent contrôler : les chiffres.

Et pour être parmi vous.
Car tu m'as montré que j'étais déjà
Là.


15 mars 2016

Les étoiles ont besoin de notre amour

image : Jurik Peter

Les étoiles ont besoin de notre amour, vraiment. Je ne plaisante pas. Je ne poétise pas non plus.
Je me souviens de ce charmant garçon, à ses débuts. Il avait l'orgueil de la jeunesse, un je-ne-sais-quoi, aussi. Mais pas beaucoup plus que cet autre, dont on n'entendra jamais parler ; qu'on croise, au magasin, à l'usine ou au bureau, en se demandant où diable l'a-t-on vu, pour être ainsi, comme frappé par son aura ?
Lui, c'est sûr, voulait sortir du lot. Et, parmi tous les prétendants, il jouait des coudes, comme les autres. Un peu plus d'écoute pour ses pairs, un peu plus d'attention à l'air du temps, un peu plus de travail, c'est sûr, car certain ne se laissent pas le choix.  Et puis, beaucoup plus de chance, de concours de circonstances, de saisie d'opportunités.
Et le voilà, un pied dans le courant.
C'est là, sous la lumière, pour l'instant pale, qu'il apparut. C'est là que nous avons commencé à l'aimer.
Il savait l'effet que lui procurait cette reconnaissance. Sans vraiment se l'avouer. On lui parlait de don, de talent, il voulait bien y croire. Et, comme les océans se nourrissent de rivières, il rendait ce qu'on lui donnait. Tout ça gonflait, grondait, une avalanche d'amour qui grossissait à mesure qu'elle dévalait les années, phagocytant tout ce qui trainait sur son passage.
Ça donna une icône. Ça donna notre jouet, notre maitre. L'art est la dernière des religions à la mode. Nous avions bien essayé la science, mais, les scientifiques, avec leurs bombes, leurs centrales atomiques, merci, mais ça pouvait pas coller.
Les artistes, on les connait, c'est nous qui les fabriquons. On s'y met à plusieurs, on s'y met à tellement, des générations, que ça nous coute trois fois rien. Bon, certain ne sont pas raisonnables et donnent amour et argent avec pas mal d'inconscience, mais dans l'ensemble, nous ne crions, ni ne hurlons, à genoux dans l'arène, que ce sont nos Dieux, qu'une ou deux fois l'an, au pire.
Chacun dans l'illusion de contrôler l'autre. Sérieusement, ces Stars, ne le voient-elles pas, qu'on exagère pas mal l'amour qu'on leur porte ?
Lui, un jour, il l'a su, qu'il était loin de mériter ces élans inconsidérés.
Il l'a vite oublié.
Et la vie bat son plein.
Avec, parfois, quelques nuages sombres ; ces drames odieux, ces prises de positions incompréhensibles. Non, pas lui. C'est impossible... Il ne peut avoir autant de talent tout en étant capable du pire ?
L'écrivain de génie antisémite, le musicien de génie assassin, la star géniale qui n'aura vécu que pour des chimères. Quelque chose cloche.
On dira, pour une vie exceptionnelle, il faut des être hors normes, hors des normes.
On sait, pourtant, que c'est pour nous, qu'ils vont franchir toutes les limites. Pour aller chercher quelques réponses, nous ramener quelques beaux gibiers, qu'ils nettoieront du sang et de la boue, pour nous les offrir, étincelants.
Et nous, pour quelques euros, nous tiendrons ces précieux présents, bras levés vers les cieux, le cœur brulant d'espoir et de reconnaissance, dans l'attente d'une révélation, comme si une quelconque procuration était de mise pour ces questions ?
Finalement, chaque chose est sa place ; il y a ceux qui font tourner la machines et ceux qui lui donnent de l'allure.
Et l'amour, un carburant, qui mène où bon lui semble.

05 mars 2016

D'amour et d'aaaaaaaaahhh !

 Alte Ronningen
 Alte Ronningen - clic




LE MOT A PLACER EST : FARFADETS

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Quelle bande d'idiots, c'est pas croyable...

Si seulement c'était un sale rêve, que rien ne se soit passé, qu'ils ne soient pas tombés.

Que je n'ai pas à confesser l'horrible révélation ; que mes amis sont des abrutis.

Pourtant, ils le sont.

Et tout ça n'est que l'aboutissement d'une longue série de conneries. Dont la première ne fut pas des moindres ; se marier, après plus de dix ans de vie commune, tout ça pour une sombre histoire de couverture financière, d’exonération d’impôts. Sans inviter personne, bien entendu. Pas d'amis, pas de famille. Sauf moi ; judicieuse idée...

L'idée c'était de vivre d'amour et d'air pur, pour un week-end en altitude. Ils ont même failli se fâcher, quand j'ai tenté de corriger la maxime ; d'amour et d'eau fraiche, on dit, pas d'air pur.

- Mais c'est notre mariage, on fait ce qu'on veut !

Soit.
Donc, une falaise pour l'air pur. Et pour ce qui est de l'amour, je n'ai pas cherché à poser de questions...

J'ai beau essayer de me convaincre qu'ils l'ont bien cherché, à leur décharge, je dois bien avouer que j'ai un sens de l'humour assez catastrophique.

Bon Dieu, mais qu'est-ce qu'il m'a pris de leur faire la blague du photographe de montagne :

- Très bien, reculez un peu, encore.. presque... un dernier pas.

- Aaaaaaaah !

Non, c'était pas très malin. Je suis vraiment prêt à tout pour une bonne blague pourrie, incorrigible.

Et maintenant, je me retrouve tout seul, tout en haut de cet à pic qui me glace le sang ; j'avais réussi à maitriser ce vertige qui peut me saisir même du balcon de mon appartement, simplement au deuxième étage. Alors là...
C'est pour ça aussi que je déconnais. Faire peur aux autres pour masquer sa propre trouille, facile.

De toutes façons, c'était prévu qu'on saute.

Qu'est-ce que vous croyez, la bosse dans mon dos, c'est pas une déformation congénitale, ni le sac du gouter, encore moins une famille de farfadets à mon dos accrochés. Non, c'est un parachute.

Ils doivent me maudire, la photo est gâchée et on va devoir se retaper toute l'ascension.

Oops !